|
|
| Accueil | | | Vie des clubs | | | Cyclisme | | | Cyclo-cross | | | Piste | | | VTT | | | Cyclotourisme | | | Le vélo d’André Tignon | | | BMX |
| Vous êtes ici : Accueil » Vie des clubs | ||
|
||
|
Mardi 9 Mars 2010 : Après une année 2006 couronnée par une belle victoire, remportée sous le maillot du VC Roubaix, lors de la sixième étape du Tour de Bretagne, David Deroo a intégré, l’année suivante, l’équipe continentale pro Skil-Shimano (SKS). Depuis, fidèle au team néerlandais et métamorphosé en équipier modèle, le roubaisien, qui soufflera ses vingt-cinq bougies le 11 Mars, a comme principale ambition, celle de devenir capitaine de route. Deux fois classé top10, en 2009, sur des étapes d’épreuves aussi réputées que le Tour de Belgique et l’Eneco Tour, David aimerait, en 2010, décrocher une première victoire. Les racines. EDV : D’où êtes-vous ? DD : « de Roubaix. J’y suis né ; j’y habite ; ma mère est de Lys-lez-Lannoy, mon père est de Roubaix, ma famille est roubaisienne. » EDV : Pourquoi avoir choisi le cyclisme ? DD : « Mon père était un passionné : il roulait le Dimanche avec un de mes cousins, il aimait bricoler sur des vélos, il aimait regarder les courses, il aimait le monde du cyclisme. J’avais 6 ou 7 ans, nous habitions Willems sur le dernier secteur pavé de Paris-Roubaix maintenant goudronné, mon père et moi étions fascinés. » Le VC Roubaix. EDV : Les débuts dans le cyclisme ? DD : « J’ai commencé à huit ans, en vtt, au VC Roubaix, avec Daniel Verbrackel ; ensuite je suis passé à l’école de cyclisme avec Jacques Denoulet ; puis avec Gérard Bourbiaux, Carlo Meneghetti, Frédéric Delcambre et Cyrille Guimard. J’ai fait toutes mes classes avec le vélo-club de Roubaix. J’y suis resté quatorze ans. Ils m’ont appris à avoir un esprit de guerrier tout en me faisant plaisir. » EDV : le meilleur souvenir de cette époque ? DD : « C’est toujours la première victoire. Je l’ai gagnée sur une toute petite course sur route, en minimes. Mais je garde également un excellent souvenir de ma deuxième place sur Paris-Roubaix juniors avec l’arrivée sur le vélodrome et la famille dans les gradins. En troisième position, ma victoire sur le Tour de Bretagne, en haut d’une bosse, devant Michael Ignatiev. Trois souvenirs, trois époques différentes. » EDV : Comment s’est effectué le transfert entre le VC Roubaix et Skil-Shimano ? DD : « L’année où je suis passé pro, le VC Roubaix montait son équipe continentale. J’avais déjà signé mon contrat avec Skil-Shimano. Daniel Verbrackel, Frédéric Delcambre et Cyrille Guimard avaient donné mon nom au staff SKS, qui, de ce fait, se sont intéressés à moi. » Skil-Shimano. EDV : La période Skil-Shimano ? DD : « A l’époque, SKS cherchait à se développer en France comme ils l’avaient fait dans le milieu des années 80 avec Sean Kelly. Skil est spécialisé dans l’outillage, Shimano est un grand fabricant de cycles. Je ne connaissais pas du tout l’équipe, je ne parlais pas un mot d’anglais. Je suis rentré chez eux, comme stagiaire en Aout 2006. J’ai appris à courir avec des néerlandais. Au début c’était très stressant : à la radio, en course, je ne savais pas comment dire « crevaison ». J’ai fait les efforts nécessaires et j’ai appris à parler anglais. » EDV : Des mauvais souvenirs durant la période Skil ? DD : « J’ai connu de mauvais moments comme le Paris-Roubaix 2008 où je suis rentré dans le vélodrome par l’arrière et pas par l’avant. Un mauvais souvenir. » EDV : Que s’est-il passé ? DD : « Je me suis fait sortir du peloton, à la pédale, avant la trouée d’Arenberg puis j’ai abandonné. » EDV : Vous aviez pourtant fait deuxième d’un Paris-Roubaix junior ? DD : « Paris-Roubaix junior et Paris-Roubaix pro, cela n’a strictement rien à voir. Rien de comparable. On ne peut pas dire qu’un vainqueur de Paris-Roubaix junior sera un très bon coureur de Paris-Roubaix pro. Cela ne veut rien dire. » EDV : Les bons moments chez Skil ? DD : « Je n’ai pas de très belles places dans le cyclisme professionnel mais j’ai quelques petits trucs à me mettre sous la dent, comme ma septième place au Tour de Belgique, l’an dernier, ou ma neuvième place à l’Eneco Tour, la même année, qui est peut-être mon meilleur souvenir. J’ai démarré au km zéro avec deux autres coureurs, on a compté jusqu’à dix-huit minutes d’avance et j’ai réussi à suivre les meilleurs jusqu’au dernier kilomètre, sur un parcours empruntant, en partie, celui de l’Amstel Gold Race. J’ai essayé, enfin, de faire le sprint du mieux que je pouvais. Je pense que j’ai vécu, là, le meilleur moment de ma carrière professionnelle. » EDV : D’autres sensations ? DD : « J’ai vécu de jolies choses grâce à Skil : je suis allé en Chine, je suis allé au Japon, je suis allé au Qatar. » EDV : Dans quel cadre en Chine ? DD : « En Chine, j’ai fait une course par étapes de huit jours qui s’appelle le Tour du Qinghai Lake qui m’a permis d’y séjourner trois semaines. J’ai vu de très belles choses. » EDV : au Japon ? DD : « Shimano a loué la piste de Formule 1, à Suzuka, pour un week-end cyclo-sportif qui se terminait par une course professionnelle avec trois ou quatre équipes continentales japonaises. Cela m’a permis de passer cinq jours au Japon. » EDV : avec Fumiyuki Beppu ? DD : « oui, et Yukihiro Doi. Fumiyuki est parti chez RadioShack avec Lance Armstrong alors que Yukihiro est encore chez nous. Ca se passe très bien, ils parlent très bien anglais. Le staff de l’équipe est néerlandais mais c’est une équipe internationale : des allemands, des australiens, des néerlandais, des français, des belges, des japonais, des chinois et tout le, monde parle anglais. Le meeting avant la course, en anglais ; les oreillettes pendant la course, en anglais ; on essaye de parler, à table, en anglais, pour que tout le monde comprenne. » EDV : Combien y-a-t-il de français dans l’équipe ? DD : « Cinq. Thierry Hupond qui a fait le tour de France, l’an dernier ; Yann Huguet qui était chez Agritubel ; un très jeune et très prometteur coureur, Alexandre Geniez ; Steve Houanard, très prometteur également et moi-même. J’aimerais citer également le staff de l’équipe : mon manager Iwann Spekenbrink ; Rudie Kemna et Piet Hoekstra, deux des directeurs sportifs ; Merijn Zeeman, mon entraineur et directeur sportif. » EDV : Les raisons de votre non-sélection au Tour 2009 ? DD : « Chaque coureur rêve de faire le tour de France. Au début, j’en rêvais un peu puis on se rend très vite compte que l’on n’a peut-être pas le moteur pour le faire. Si on me le proposait, bien sûr que j’accepterai, bien sûr que j’irai ; je suis très réaliste, j’ai le niveau pour être professionnel, mais pas le niveau pour faire le tour. » EDV : Avez-vous déjà effectué un tour de trois semaines ? DD : « Non. Il y en a trois : la Vuelta, le Giro et le Tour. Le tour de France, c’est différent d’une Vuelta ou d’un Giro. Un Giro, je pense que je n’aimerais pas trop y aller, une Vuelta…si un jour, j’avais la possibilité d’aller sur une Vuelta, ça m’intéresserait, là j’essaierais de pousser pour y aller mais sur un Tour de France, je suis réaliste, c’est vraiment un autre monde, c’est vraiment un niveau extraordinaire, ce n’est pas le niveau que j’ai, moi, dans les jambes en ce moment. » EDV : Pourquoi vous-êtes vous licencié à l’AS Hellemmes ? DD : « Lors de ma première année professionnelle, j’habitais Hellemmes, j’ai couru le Guidon d’or, je suis très ami avec Vincent Petit, vice-président du club. Philippe Lambert, président du club, me connaissait depuis l’école de cyclisme et savait que j’étais quelqu’un de réglo. Maintenant j’habite Roubaix mais comme j’ai un très bon feeling avec ces personnes, je ne vois pas pourquoi je changerais pour une autre équipe. » Le début de saison 2010. EDV : Des commentaires sur votre début de saison : le Challenge de Majorque, Kuurne, le Samyn et les trois jours de Flandre-Occidentale ? DD : « Challenge de Majorque : 1ère étape, rien de spécial, lancer le sprint, on doit faire dans les 10 de l’étape. Le lendemain, je suis devant, je passe la journée en échappée, j’ai gagné deux classements annexes ; rien d’extraordinaire mais ça fait du bien ; on se dit que tout le travail hivernal est là, qu’on n’est pas si mal que cela, que ça va venir au fur et à mesure. Après on a eu deux étapes de cols : je ne suis pas un vrai grimpeur, je suis moyen partout en fait, je n’ai pas de spécificités. Je m’étais focalisé sur la dernière étape que je trouvais intéressante, je dois faire vingt-sixième ; une journée vraiment difficile, j’ai fini mort ; mais voilà, je suis arrivé à faire ce que je voulais donc, très bien ; ma progression va venir au fur et à mesure. Dix jours sans rien puis j’ai fait Kuurne-Bruxelles-Kuurne : quand vous voyez mon gabarit, avec le temps qu’il faisait… Un vieux Quaremont, c’est déjà difficile pour moi d’arriver avec les meilleurs, parce que je suis un petit peu léger sur les pavés, le temps ne m’a pas vraiment aidé ; j’étais pourtant bien placé, dans le deuxième groupe, puis au pied du troisième mont pavé : coup de fringale, plus rien ; dès que j’ai vu une voiture de mon équipe, je suis monté dedans. » « A Fayt-le-Franc, ça allait un peu mieux, j’ai mis le nez à la fenêtre ; sur le premier tour du circuit, il y avait un secteur pavé ; avec mon équipe on essayait d’être très vigilant ; je me suis dit, on va essayer, on va voir. Je me suis mis dans la roue de David Boucher ; je suis sorti, au pied de la bosse, à mon rythme, en me disant, si on peut sortir à dix ou quinze, ça peut relancer la course parce qu’il y avait une échappée devant ; on savait qu’elle ne pouvait pas aller au bout ; j’étais avec un coureur ; on s’est fait vite reprendre ; ça suit son cours ; ça bordurait d’un côté, de l’autre ; tout le monde était vigilant ; ça rebordurait, c’était vraiment une course à la pédale. A un tour de l’arrivée, j’ai protégé mon sprinteur, Kenny van Hummel, jusqu’au secteur pavé, puis après j’ai lâché prise. » « Les trois jours de Flandre-Occidentale : le premier jour, j’étais un petit peu mieux qu’à Fayt-le Franc, rien d’extraordinaire, je finis dans le peloton mais un peu à l’arraché. Samedi, on a mis en route deux ou trois bordures avec mon équipe et on a gagné l’étape avec Robert Wagner, donc tout le travail qu’on avait fait a payé à la fin ; ça nous a beaucoup motivés. Le dimanche, on a essayé de remettre tout cela en œuvre, mais comme beaucoup d’équipes nous attendaient, ça a été un peu plus difficile ; on a passé le Kemmel à huit, au complet ; après on a eu quelques petits problèmes, des chutes, des crevaisons, on a perdu un ou deux coureurs, puis on fait le sprint pour Robert, il doit faire quatre à l’arrivée ; on fait quatre et cinq au général ; on gagne le classement par équipes ; on montre une équipe groupée, soudée, ensemble ; on essaye de courir en bloc car c’est quelque chose qui fait peur, et on court toujours mieux quand tout le monde est groupé, tous ensemble, et ça paye. » « J’essaye d’avoir un rôle de capitaine d’équipe. » EDV : Quel est votre état d’esprit, cette année ? DD : « C’est montrer que ce que j’ai fait en fin de saison, je peux le faire toute une année ; j’essaye d’avoir un rôle de capitaine d’équipe. Je ne vais pas dire que je suis quelqu’un qui voit très bien la course mais je suis quelqu’un qui sait bien faire passer les messages, qui est très ouvert avec les personnes et qui sait faire la part des choses. C’est l’équipe qui me l’a demandé et cela me convient bien. » EDV : Votre programme ? DD : « Noekere Koerse, Groene Hart aux Pays-Bas, je ne pense pas faire Waregem mais le GP E3, même si cette course n’est pas vraiment ma tasse de thé ; les Trois jours de la Panne et j’aimerais faire le Tour de Turquie. » EDV : En évitant Theo Bos dans les sprints ? DD : « Theo Bos est quelqu’un de très gentil, je le connais un petit peu ; je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais vous savez, dans un peloton, il se passe beaucoup de choses et, à la télé, on croit que c’est la personne qui a fait le geste qui est la plus méchante, mais il faut savoir ce qu’il s’est passé avant ; ce n’est pas à faire mais je ne porterais pas de jugement sur cette personne. » EDV : Les quatre jours de Dunkerque ? DD : « J’aimerais bien. Je les ai déjà faits deux fois. C’est une course très plaisante, c’est l’un de mes objectifs d’y aller. L’an dernier, je n’y suis pas allé, ils voulaient prendre d’autres coureurs. J’ai fait le Tour de Picardie et le Tour de Belgique, cette année on verra bien, si je les fais, je serai très content. J’aime beaucoup cette course, mais à part une échappée au long cours, je ne pense pas avoir beaucoup de chances de faire une très bonne prestation sur les Quatre jours de Dunkerque. Je suis fier de dire que je suis nordiste quand on parle de cette belle course. » « Comme tout coureur professionnel, j’aimerais en gagner une. » EDV : Quelles sont vos attentes, cette saison ? DD : « Comme tout coureur professionnel, j’aimerais en gagner une, sous le maillot Skil. » EDV : Laquelle ? DD : « On ne peut jamais vraiment savoir parce que je travaille beaucoup pour l’équipe ; Je pense d’abord à l’équipe, ensuite je pense à moi. C’est un souci pour certaines personnes, moi, cela ne me dérange pas du tout. Les gens me disent souvent : « penses plus à toi qu’aux autres ». Mais bon, je suis preneur de tout. » EDV : Celle qui vous ferait vraiment plaisir ? DD : « Une étape sur les quatre jours de Dunkerque ; mais toutes me feraient plaisir ; toutes les catégories marquées de « 1. », en passant par « hors catégorie » et jusqu’à « pro-tour », c’est tellement dur d’en gagner une…n’importe laquelle, je peux vous dire que je serai très, très, très heureux. » EDV : Les coupes de France ? DD : « On ne fait pas beaucoup de coupes de France avec Skil. J’ai fait une fois le GP de Denain, une fois le GP d’Isbergues et une fois la Châteauroux Classic. J’avais apprécié Denain mais… sprint massif, ce n’est pas vraiment pour moi ; Isbergues, cela peut être une belle course, pourquoi pas ; et Châteauroux c’est pareil qu’à Demain, c’est un sprint massif. » EDV : Fourmies ? DD : « Fourmies, jamais fait. Peut-être un jour, je ne sais pas trop ; Ca ne tombe pas vraiment bien avec notre calendrier ; il y a beaucoup de courses comme le tour de Grande-Bretagne. » EDV : Skil est en continental pro, pensent-ils au pro-tour ? DD : « On a fait un Tour de France, on fait toutes les plus belles classiques au monde, peut-être pas les classiques italiennes et espagnoles, mais les classiques qui font rêver les plus grands coureurs. Peut-être un jour, on passera pro-tour, je ne sais pas. Là où on est, c’est très, très bien ; regardez Cofidis, cela ne les a pas empêché de gagner des courses comme Fayt-le-Franc et les trois jours de Flandre-Occidentale. » EDV : Jens Keukelaere, qu’en pensez-vous ? DD : « Il parait que l’an dernier, c’était déjà un très bon coureur. Cofidis c’est une équipe qui ne prend pas n’importe qui. A vingt et un ans, gagner les trois jours de Flandre-Occidentale qui est une course de début de saison, avec le froid et tout, et gagner Fayt-le-Franc qui est une course assez dure, chapeau… » EDV : Quel est votre rôle dans l’équipe ? DD : « Capitaine de route mais aussi, on appelle cela : porteur de bidon, gregario plus exactement. Faire le boulot quand il faut ; le sale boulot, peut-être ; faire le boulot, j’aime ; cela ne me dérange pas ; de temps en temps, partir dans les échappées et essayer de tirer mon épingle du jeu. Voilà mon rôle au sein de Skil-Shimano et cela me va très bien. » EDV : Etes-vous plus un coureur de classiques ou un coureur de courses à étapes ? DD : « Je préfère aller sur les courses à étapes, pour essayer, un jour, de prendre une étape. Si vous êtes au pied du classement, c’est déjà un peu plus simple, s’il y a un petit peu moins de bagarre, si on a un petit peu de temps de retard, ils vous laissent un peu plus vite sortir dans l’échappée et on peut plus facilement aller chercher l’étape. » EDV : Dans les courses à étapes, la récupération ? DD : « Sur les quatre jours de Dunkerque, j’ai toujours un jour sans. Mais jusqu’à six ou huit jours, ça va. Plus longues, je n’ai jamais testé. » EDV : Vos points forts sur un vélo ? DD : « Je suis plus puncheur, dans une étape un peu vallonnée : attaquer, essayer de sortir un moment, ça me plait. » EDV : Sprinteur ? DD : « Je me débrouille un peu au sprint, mais sur un petit groupe, pas un sprint massif. Sur un petit groupe, ça peut passer ; j’ai espoir de pouvoir gagner, un jour, une course comme cela. » « Cet hiver, J’ai beaucoup plus travaillé en groupe. » EDV : Où en êtes-vous de votre condition ? DD : « C’est progressif. La forme commence à arriver. Ce week-end, sur les trois jours, je me sentais de mieux en mieux. Je ne suis pas un coureur de début de saison, l’an dernier aux Flandres occidentales, j’ai terminé H.S. Cette année j’ai fini la course bien. La progression se fait bien. J’ai totalement confiance en Merijn Zeeman, mon entraineur d’équipe, quelqu’un de très professionnel et de très pointilleux. Il connaît très bien le travail. Pour le moment, il ne s’est pas loupé. » EDV : Qu’a-t’il changé dans vos modes d’entrainement ? DD : « J’ai beaucoup plus travaillé en groupe et plus près de mon entraineur. Je suis resté longtemps à Majorque, au chaud. Ca m’a aidé à mieux travailler, à mieux faire des intervalles, à mieux faire mes séries de travail. Avec un groupe, avec un bon mental, on travaille toujours mieux. J’ai beaucoup mieux travaillé, cet hiver. Si je peux trouver un petit groupe, de temps en temps, pour rouler avec moi, par chez moi, c’est super. Et les trois quarts du temps, si je peux travailler avec mon équipe, alors là, j’adore. Ce soir, je pars à Maastricht, on va se faire trois jours de stage. Je suis rentré dimanche soir des 3 jours de Flandre-Occidentale, je repars mardi soir dans le Limbourg, pour trois jours d’entrainement. » EDV : Vous êtes célibataire ? DD : « Oui. » EDV : Quelles pourraient être les révélations chez Skil-Shimano ? DD : « Un Alexandre Geniez peut-être une révélation, un Steve Houanard aussi. Alexandre Genie vient d’arriver professionnel, il a fait de très belles choses au Mont Faro et en Andalousie, à la Ruta del Sol. » EDV : Des révélations dans le peloton ? DD : « Bien sûr, Jens Keukelaere, il n’y a pas à dire. Arnaud Molmy, de la région, moi je dis chapeau, avec ce qu’il a fait, il vient d’arriver chez les pros. Je pense qu’il va montrer encore beaucoup de choses et qu’il fera un très bon coureur de classiques. C’est mon avis personnel. Je lui souhaite de continuer comme cela, ce sont des choses que je n’ai jamais réussi à faire. Tout coureur professionnel aimerait bien le faire. Bravo. Félicitations. » EDV : On ne parle plus de révélations, quels coureurs vous impressionnent ou vous ont impressionnés ? DD : « Contador et Valverde sont des coureurs très impressionnants, Armstrong aussi. Tous ces coureurs au top niveau, chapeau. Contador a gagné les trois grands tours, il y longtemps que cela n’était pas arrivé. Lance Armstrong a arrêté pendant trois ans et demi, il revient : troisième du Tour de France. Chapeau. Il y avait une guéguerre entre eux, ils font quand même un et trois, à l’arrivée. Donc, leur guéguerre c’est bien beau, c’était peut-être quelque chose de médiatique, pour avoir des choses à dire. Ce sont des coureurs impressionnants. Tom Boonen aussi, je suis fier de dire : « je suis là, il y a Tom Boonen qui court aussi ». Je n’ai jamais couru avec Armstrong, mais j’aimerais bien, c’est un rêve. J’ai couru pas mal de fois avec Contador, Andy Schleck et Frank Schleck. » EDV : Ce sont des personnes accessibles ? DD : « Bien sûr. Après il y a la barrière de la langue, avec Contador, parce qu’il ne parle qu’espagnol. Je n’ai jamais trop parlé avec lui, peut-être deux ou trois mots, comme ça, mais c’est quelqu’un de très souriant qui n’est pas du tout fermé. Souvent, les coureurs comme cela sont très ouverts et très sympas. Je n’ai jamais eu de problèmes avec eux. »
Le questionnaire de Bernard Pivot : Quel est le mot que vous préférez ? « Super. » Quel est le mot que vous détestez ? « Nul. » Quelle est votre drogue favorite ? « Regarder la télé. » Quel son ou quel bruit aimez-vous ? « Le chant des oiseaux. » Quel son ou quel bruit détestez-vous ? « Le bruit des camions-poubelles, le matin. » Quel est le juron, gros mot ou blasphème que vous préférez ? « Gotfordom. » Quel homme ou quelle femme choisiriez-vous pour illustrer un nouveau billet de banque ? « La chanteuse Pink. » Quel métier n’auriez-vous pas aimé faire ? « Agriculteur. » Quelle est la plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous aimeriez être réincarné ? « Un bonsaï. » Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous l’entendre vous dire après votre mort ? « T’es quelqu’un de bien. »
|
|
Mardi 9 Mars 2010 : Après une année 2006 couronnée par une belle victoire, remportée sous le maillot du VC Roubaix, lors de la sixième étape du Tour de Bretagne, David Deroo a intégré, l’année suivante, l’équipe continentale pro Skil-Shimano (SKS). Depuis, fidèle au team néerlandais et métamorphosé en équipier modèle, le roubaisien, qui soufflera ses vingt-cinq bougies le 11 Mars, a comme principale ambition, celle de devenir capitaine de route. Deux fois classé top10, en 2009, sur des étapes d’épreuves aussi réputées que le Tour de Belgique et l’Eneco Tour, David aimerait, en 2010, décrocher une première victoire. Les racines. EDV : D’où êtes-vous ? DD : « de Roubaix. J’y suis né ; j’y habite ; ma mère est de Lys-lez-Lannoy, mon père est de Roubaix, ma famille est roubaisienne. » EDV : Pourquoi avoir choisi le cyclisme ? DD : « Mon père était un passionné : il roulait le Dimanche avec un de mes cousins, il aimait bricoler sur des vélos, il aimait regarder les courses, il aimait le monde du cyclisme. J’avais 6 ou 7 ans, nous habitions Willems sur le dernier secteur pavé de Paris-Roubaix maintenant goudronné, mon père et moi étions fascinés. » Le VC Roubaix. EDV : Les débuts dans le cyclisme ? DD : « J’ai commencé à huit ans, en vtt, au VC Roubaix, avec Daniel Verbrackel ; ensuite je suis passé à l’école de cyclisme avec Jacques Denoulet ; puis avec Gérard Bourbiaux, Carlo Meneghetti, Frédéric Delcambre et Cyrille Guimard. J’ai fait toutes mes classes avec le vélo-club de Roubaix. J’y suis resté quatorze ans. Ils m’ont appris à avoir un esprit de guerrier tout en me faisant plaisir. » EDV : le meilleur souvenir de cette époque ? DD : « C’est toujours la première victoire. Je l’ai gagnée sur une toute petite course sur route, en minimes. Mais je garde également un excellent souvenir de ma deuxième place sur Paris-Roubaix juniors avec l’arrivée sur le vélodrome et la famille dans les gradins. En troisième position, ma victoire sur le Tour de Bretagne, en haut d’une bosse, devant Michael Ignatiev. Trois souvenirs, trois époques différentes. » EDV : Comment s’est effectué le transfert entre le VC Roubaix et Skil-Shimano ? DD : « L’année où je suis passé pro, le VC Roubaix montait son équipe continentale. J’avais déjà signé mon contrat avec Skil-Shimano. Daniel Verbrackel, Frédéric Delcambre et Cyrille Guimard avaient donné mon nom au staff SKS, qui, de ce fait, se sont intéressés à moi. » Skil-Shimano. EDV : La période Skil-Shimano ? DD : « A l’époque, SKS cherchait à se développer en France comme ils l’avaient fait dans le milieu des années 80 avec Sean Kelly. Skil est spécialisé dans l’outillage, Shimano est un grand fabricant de cycles. Je ne connaissais pas du tout l’équipe, je ne parlais pas un mot d’anglais. Je suis rentré chez eux, comme stagiaire en Aout 2006. J’ai appris à courir avec des néerlandais. Au début c’était très stressant : à la radio, en course, je ne savais pas comment dire « crevaison ». J’ai fait les efforts nécessaires et j’ai appris à parler anglais. » EDV : Des mauvais souvenirs durant la période Skil ? DD : « J’ai connu de mauvais moments comme le Paris-Roubaix 2008 où je suis rentré dans le vélodrome par l’arrière et pas par l’avant. Un mauvais souvenir. » EDV : Que s’est-il passé ? DD : « Je me suis fait sortir du peloton, à la pédale, avant la trouée d’Arenberg puis j’ai abandonné. » EDV : Vous aviez pourtant fait deuxième d’un Paris-Roubaix junior ? DD : « Paris-Roubaix junior et Paris-Roubaix pro, cela n’a strictement rien à voir. Rien de comparable. On ne peut pas dire qu’un vainqueur de Paris-Roubaix junior sera un très bon coureur de Paris-Roubaix pro. Cela ne veut rien dire. » EDV : Les bons moments chez Skil ? DD : « Je n’ai pas de très belles places dans le cyclisme professionnel mais j’ai quelques petits trucs à me mettre sous la dent, comme ma septième place au Tour de Belgique, l’an dernier, ou ma neuvième place à l’Eneco Tour, la même année, qui est peut-être mon meilleur souvenir. J’ai démarré au km zéro avec deux autres coureurs, on a compté jusqu’à dix-huit minutes d’avance et j’ai réussi à suivre les meilleurs jusqu’au dernier kilomètre, sur un parcours empruntant, en partie, celui de l’Amstel Gold Race. J’ai essayé, enfin, de faire le sprint du mieux que je pouvais. Je pense que j’ai vécu, là, le meilleur moment de ma carrière professionnelle. » EDV : D’autres sensations ? DD : « J’ai vécu de jolies choses grâce à Skil : je suis allé en Chine, je suis allé au Japon, je suis allé au Qatar. » EDV : Dans quel cadre en Chine ? DD : « En Chine, j’ai fait une course par étapes de huit jours qui s’appelle le Tour du Qinghai Lake qui m’a permis d’y séjourner trois semaines. J’ai vu de très belles choses. » EDV : au Japon ? DD : « Shimano a loué la piste de Formule 1, à Suzuka, pour un week-end cyclo-sportif qui se terminait par une course professionnelle avec trois ou quatre équipes continentales japonaises. Cela m’a permis de passer cinq jours au Japon. » EDV : avec Fumiyuki Beppu ? DD : « oui, et Yukihiro Doi. Fumiyuki est parti chez RadioShack avec Lance Armstrong alors que Yukihiro est encore chez nous. Ca se passe très bien, ils parlent très bien anglais. Le staff de l’équipe est néerlandais mais c’est une équipe internationale : des allemands, des australiens, des néerlandais, des français, des belges, des japonais, des chinois et tout le, monde parle anglais. Le meeting avant la course, en anglais ; les oreillettes pendant la course, en anglais ; on essaye de parler, à table, en anglais, pour que tout le monde comprenne. » EDV : Combien y-a-t-il de français dans l’équipe ? DD : « Cinq. Thierry Hupond qui a fait le tour de France, l’an dernier ; Yann Huguet qui était chez Agritubel ; un très jeune et très prometteur coureur, Alexandre Geniez ; Steve Houanard, très prometteur également et moi-même. J’aimerais citer également le staff de l’équipe : mon manager Iwann Spekenbrink ; Rudie Kemna et Piet Hoekstra, deux des directeurs sportifs ; Merijn Zeeman, mon entraineur et directeur sportif. » EDV : Les raisons de votre non-sélection au Tour 2009 ? DD : « Chaque coureur rêve de faire le tour de France. Au début, j’en rêvais un peu puis on se rend très vite compte que l’on n’a peut-être pas le moteur pour le faire. Si on me le proposait, bien sûr que j’accepterai, bien sûr que j’irai ; je suis très réaliste, j’ai le niveau pour être professionnel, mais pas le niveau pour faire le tour. » EDV : Avez-vous déjà effectué un tour de trois semaines ? DD : « Non. Il y en a trois : la Vuelta, le Giro et le Tour. Le tour de France, c’est différent d’une Vuelta ou d’un Giro. Un Giro, je pense que je n’aimerais pas trop y aller, une Vuelta…si un jour, j’avais la possibilité d’aller sur une Vuelta, ça m’intéresserait, là j’essaierais de pousser pour y aller mais sur un Tour de France, je suis réaliste, c’est vraiment un autre monde, c’est vraiment un niveau extraordinaire, ce n’est pas le niveau que j’ai, moi, dans les jambes en ce moment. » EDV : Pourquoi vous-êtes vous licencié à l’AS Hellemmes ? DD : « Lors de ma première année professionnelle, j’habitais Hellemmes, j’ai couru le Guidon d’or, je suis très ami avec Vincent Petit, vice-président du club. Philippe Lambert, président du club, me connaissait depuis l’école de cyclisme et savait que j’étais quelqu’un de réglo. Maintenant j’habite Roubaix mais comme j’ai un très bon feeling avec ces personnes, je ne vois pas pourquoi je changerais pour une autre équipe. » Le début de saison 2010. EDV : Des commentaires sur votre début de saison : le Challenge de Majorque, Kuurne, le Samyn et les trois jours de Flandre-Occidentale ? DD : « Challenge de Majorque : 1ère étape, rien de spécial, lancer le sprint, on doit faire dans les 10 de l’étape. Le lendemain, je suis devant, je passe la journée en échappée, j’ai gagné deux classements annexes ; rien d’extraordinaire mais ça fait du bien ; on se dit que tout le travail hivernal est là, qu’on n’est pas si mal que cela, que ça va venir au fur et à mesure. Après on a eu deux étapes de cols : je ne suis pas un vrai grimpeur, je suis moyen partout en fait, je n’ai pas de spécificités. Je m’étais focalisé sur la dernière étape que je trouvais intéressante, je dois faire vingt-sixième ; une journée vraiment difficile, j’ai fini mort ; mais voilà, je suis arrivé à faire ce que je voulais donc, très bien ; ma progression va venir au fur et à mesure. Dix jours sans rien puis j’ai fait Kuurne-Bruxelles-Kuurne : quand vous voyez mon gabarit, avec le temps qu’il faisait… Un vieux Quaremont, c’est déjà difficile pour moi d’arriver avec les meilleurs, parce que je suis un petit peu léger sur les pavés, le temps ne m’a pas vraiment aidé ; j’étais pourtant bien placé, dans le deuxième groupe, puis au pied du troisième mont pavé : coup de fringale, plus rien ; dès que j’ai vu une voiture de mon équipe, je suis monté dedans. » « A Fayt-le-Franc, ça allait un peu mieux, j’ai mis le nez à la fenêtre ; sur le premier tour du circuit, il y avait un secteur pavé ; avec mon équipe on essayait d’être très vigilant ; je me suis dit, on va essayer, on va voir. Je me suis mis dans la roue de David Boucher ; je suis sorti, au pied de la bosse, à mon rythme, en me disant, si on peut sortir à dix ou quinze, ça peut relancer la course parce qu’il y avait une échappée devant ; on savait qu’elle ne pouvait pas aller au bout ; j’étais avec un coureur ; on s’est fait vite reprendre ; ça suit son cours ; ça bordurait d’un côté, de l’autre ; tout le monde était vigilant ; ça rebordurait, c’était vraiment une course à la pédale. A un tour de l’arrivée, j’ai protégé mon sprinteur, Kenny van Hummel, jusqu’au secteur pavé, puis après j’ai lâché prise. » « Les trois jours de Flandre-Occidentale : le premier jour, j’étais un petit peu mieux qu’à Fayt-le Franc, rien d’extraordinaire, je finis dans le peloton mais un peu à l’arraché. Samedi, on a mis en route deux ou trois bordures avec mon équipe et on a gagné l’étape avec Robert Wagner, donc tout le travail qu’on avait fait a payé à la fin ; ça nous a beaucoup motivés. Le dimanche, on a essayé de remettre tout cela en œuvre, mais comme beaucoup d’équipes nous attendaient, ça a été un peu plus difficile ; on a passé le Kemmel à huit, au complet ; après on a eu quelques petits problèmes, des chutes, des crevaisons, on a perdu un ou deux coureurs, puis on fait le sprint pour Robert, il doit faire quatre à l’arrivée ; on fait quatre et cinq au général ; on gagne le classement par équipes ; on montre une équipe groupée, soudée, ensemble ; on essaye de courir en bloc car c’est quelque chose qui fait peur, et on court toujours mieux quand tout le monde est groupé, tous ensemble, et ça paye. » « J’essaye d’avoir un rôle de capitaine d’équipe. » EDV : Quel est votre état d’esprit, cette année ? DD : « C’est montrer que ce que j’ai fait en fin de saison, je peux le faire toute une année ; j’essaye d’avoir un rôle de capitaine d’équipe. Je ne vais pas dire que je suis quelqu’un qui voit très bien la course mais je suis quelqu’un qui sait bien faire passer les messages, qui est très ouvert avec les personnes et qui sait faire la part des choses. C’est l’équipe qui me l’a demandé et cela me convient bien. » EDV : Votre programme ? DD : « Noekere Koerse, Groene Hart aux Pays-Bas, je ne pense pas faire Waregem mais le GP E3, même si cette course n’est pas vraiment ma tasse de thé ; les Trois jours de la Panne et j’aimerais faire le Tour de Turquie. » EDV : En évitant Theo Bos dans les sprints ? DD : « Theo Bos est quelqu’un de très gentil, je le connais un petit peu ; je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais vous savez, dans un peloton, il se passe beaucoup de choses et, à la télé, on croit que c’est la personne qui a fait le geste qui est la plus méchante, mais il faut savoir ce qu’il s’est passé avant ; ce n’est pas à faire mais je ne porterais pas de jugement sur cette personne. » EDV : Les quatre jours de Dunkerque ? DD : « J’aimerais bien. Je les ai déjà faits deux fois. C’est une course très plaisante, c’est l’un de mes objectifs d’y aller. L’an dernier, je n’y suis pas allé, ils voulaient prendre d’autres coureurs. J’ai fait le Tour de Picardie et le Tour de Belgique, cette année on verra bien, si je les fais, je serai très content. J’aime beaucoup cette course, mais à part une échappée au long cours, je ne pense pas avoir beaucoup de chances de faire une très bonne prestation sur les Quatre jours de Dunkerque. Je suis fier de dire que je suis nordiste quand on parle de cette belle course. » « Comme tout coureur professionnel, j’aimerais en gagner une. » EDV : Quelles sont vos attentes, cette saison ? DD : « Comme tout coureur professionnel, j’aimerais en gagner une, sous le maillot Skil. » EDV : Laquelle ? DD : « On ne peut jamais vraiment savoir parce que je travaille beaucoup pour l’équipe ; Je pense d’abord à l’équipe, ensuite je pense à moi. C’est un souci pour certaines personnes, moi, cela ne me dérange pas du tout. Les gens me disent souvent : « penses plus à toi qu’aux autres ». Mais bon, je suis preneur de tout. » EDV : Celle qui vous ferait vraiment plaisir ? DD : « Une étape sur les quatre jours de Dunkerque ; mais toutes me feraient plaisir ; toutes les catégories marquées de « 1. », en passant par « hors catégorie » et jusqu’à « pro-tour », c’est tellement dur d’en gagner une…n’importe laquelle, je peux vous dire que je serai très, très, très heureux. » EDV : Les coupes de France ? DD : « On ne fait pas beaucoup de coupes de France avec Skil. J’ai fait une fois le GP de Denain, une fois le GP d’Isbergues et une fois la Châteauroux Classic. J’avais apprécié Denain mais… sprint massif, ce n’est pas vraiment pour moi ; Isbergues, cela peut être une belle course, pourquoi pas ; et Châteauroux c’est pareil qu’à Demain, c’est un sprint massif. » EDV : Fourmies ? DD : « Fourmies, jamais fait. Peut-être un jour, je ne sais pas trop ; Ca ne tombe pas vraiment bien avec notre calendrier ; il y a beaucoup de courses comme le tour de Grande-Bretagne. » EDV : Skil est en continental pro, pensent-ils au pro-tour ? DD : « On a fait un Tour de France, on fait toutes les plus belles classiques au monde, peut-être pas les classiques italiennes et espagnoles, mais les classiques qui font rêver les plus grands coureurs. Peut-être un jour, on passera pro-tour, je ne sais pas. Là où on est, c’est très, très bien ; regardez Cofidis, cela ne les a pas empêché de gagner des courses comme Fayt-le-Franc et les trois jours de Flandre-Occidentale. » EDV : Jens Keukelaere, qu’en pensez-vous ? DD : « Il parait que l’an dernier, c’était déjà un très bon coureur. Cofidis c’est une équipe qui ne prend pas n’importe qui. A vingt et un ans, gagner les trois jours de Flandre-Occidentale qui est une course de début de saison, avec le froid et tout, et gagner Fayt-le-Franc qui est une course assez dure, chapeau… » EDV : Quel est votre rôle dans l’équipe ? DD : « Capitaine de route mais aussi, on appelle cela : porteur de bidon, gregario plus exactement. Faire le boulot quand il faut ; le sale boulot, peut-être ; faire le boulot, j’aime ; cela ne me dérange pas ; de temps en temps, partir dans les échappées et essayer de tirer mon épingle du jeu. Voilà mon rôle au sein de Skil-Shimano et cela me va très bien. » EDV : Etes-vous plus un coureur de classiques ou un coureur de courses à étapes ? DD : « Je préfère aller sur les courses à étapes, pour essayer, un jour, de prendre une étape. Si vous êtes au pied du classement, c’est déjà un peu plus simple, s’il y a un petit peu moins de bagarre, si on a un petit peu de temps de retard, ils vous laissent un peu plus vite sortir dans l’échappée et on peut plus facilement aller chercher l’étape. » EDV : Dans les courses à étapes, la récupération ? DD : « Sur les quatre jours de Dunkerque, j’ai toujours un jour sans. Mais jusqu’à six ou huit jours, ça va. Plus longues, je n’ai jamais testé. » EDV : Vos points forts sur un vélo ? DD : « Je suis plus puncheur, dans une étape un peu vallonnée : attaquer, essayer de sortir un moment, ça me plait. » EDV : Sprinteur ? DD : « Je me débrouille un peu au sprint, mais sur un petit groupe, pas un sprint massif. Sur un petit groupe, ça peut passer ; j’ai espoir de pouvoir gagner, un jour, une course comme cela. » « Cet hiver, J’ai beaucoup plus travaillé en groupe. » EDV : Où en êtes-vous de votre condition ? DD : « C’est progressif. La forme commence à arriver. Ce week-end, sur les trois jours, je me sentais de mieux en mieux. Je ne suis pas un coureur de début de saison, l’an dernier aux Flandres occidentales, j’ai terminé H.S. Cette année j’ai fini la course bien. La progression se fait bien. J’ai totalement confiance en Merijn Zeeman, mon entraineur d’équipe, quelqu’un de très professionnel et de très pointilleux. Il connaît très bien le travail. Pour le moment, il ne s’est pas loupé. » EDV : Qu’a-t’il changé dans vos modes d’entrainement ? DD : « J’ai beaucoup plus travaillé en groupe et plus près de mon entraineur. Je suis resté longtemps à Majorque, au chaud. Ca m’a aidé à mieux travailler, à mieux faire des intervalles, à mieux faire mes séries de travail. Avec un groupe, avec un bon mental, on travaille toujours mieux. J’ai beaucoup mieux travaillé, cet hiver. Si je peux trouver un petit groupe, de temps en temps, pour rouler avec moi, par chez moi, c’est super. Et les trois quarts du temps, si je peux travailler avec mon équipe, alors là, j’adore. Ce soir, je pars à Maastricht, on va se faire trois jours de stage. Je suis rentré dimanche soir des 3 jours de Flandre-Occidentale, je repars mardi soir dans le Limbourg, pour trois jours d’entrainement. » EDV : Vous êtes célibataire ? DD : « Oui. » EDV : Quelles pourraient être les révélations chez Skil-Shimano ? DD : « Un Alexandre Geniez peut-être une révélation, un Steve Houanard aussi. Alexandre Genie vient d’arriver professionnel, il a fait de très belles choses au Mont Faro et en Andalousie, à la Ruta del Sol. » EDV : Des révélations dans le peloton ? DD : « Bien sûr, Jens Keukelaere, il n’y a pas à dire. Arnaud Molmy, de la région, moi je dis chapeau, avec ce qu’il a fait, il vient d’arriver chez les pros. Je pense qu’il va montrer encore beaucoup de choses et qu’il fera un très bon coureur de classiques. C’est mon avis personnel. Je lui souhaite de continuer comme cela, ce sont des choses que je n’ai jamais réussi à faire. Tout coureur professionnel aimerait bien le faire. Bravo. Félicitations. » EDV : On ne parle plus de révélations, quels coureurs vous impressionnent ou vous ont impressionnés ? DD : « Contador et Valverde sont des coureurs très impressionnants, Armstrong aussi. Tous ces coureurs au top niveau, chapeau. Contador a gagné les trois grands tours, il y longtemps que cela n’était pas arrivé. Lance Armstrong a arrêté pendant trois ans et demi, il revient : troisième du Tour de France. Chapeau. Il y avait une guéguerre entre eux, ils font quand même un et trois, à l’arrivée. Donc, leur guéguerre c’est bien beau, c’était peut-être quelque chose de médiatique, pour avoir des choses à dire. Ce sont des coureurs impressionnants. Tom Boonen aussi, je suis fier de dire : « je suis là, il y a Tom Boonen qui court aussi ». Je n’ai jamais couru avec Armstrong, mais j’aimerais bien, c’est un rêve. J’ai couru pas mal de fois avec Contador, Andy Schleck et Frank Schleck. » EDV : Ce sont des personnes accessibles ? DD : « Bien sûr. Après il y a la barrière de la langue, avec Contador, parce qu’il ne parle qu’espagnol. Je n’ai jamais trop parlé avec lui, peut-être deux ou trois mots, comme ça, mais c’est quelqu’un de très souriant qui n’est pas du tout fermé. Souvent, les coureurs comme cela sont très ouverts et très sympas. Je n’ai jamais eu de problèmes avec eux. »
Le questionnaire de Bernard Pivot : Quel est le mot que vous préférez ? « Super. » Quel est le mot que vous détestez ? « Nul. » Quelle est votre drogue favorite ? « Regarder la télé. » Quel son ou quel bruit aimez-vous ? « Le chant des oiseaux. » Quel son ou quel bruit détestez-vous ? « Le bruit des camions-poubelles, le matin. » Quel est le juron, gros mot ou blasphème que vous préférez ? « Gotfordom. » Quel homme ou quelle femme choisiriez-vous pour illustrer un nouveau billet de banque ? « La chanteuse Pink. » Quel métier n’auriez-vous pas aimé faire ? « Agriculteur. » Quelle est la plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous aimeriez être réincarné ? « Un bonsaï. » Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous l’entendre vous dire après votre mort ? « T’es quelqu’un de bien. »
|
||