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Paris-Roubaix Challenge : un paradis en Enfer ! |
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7h30 ce matin sur les Champs-Elysées à Saint-Quentin dans l’Aisne. Bernard Hinault donne le départ du premier Paris-Roubaix Challenge. L’Irlandais Sean Kelly, dossard numéro 1 est aux côtés d’Andréa Tafi. Aujourd’hui, comme plus de mille coureurs amateurs, ils sont venus prendre du plaisir sur les fameux pavés à la veille de la course professionnelle.
Plaisir rime avec incertitude à l’heure de s’élancer pour les 138 kilomètres jonchés de 15 secteurs pavés (28,8 km). La tension nerveuse est à son comble mais tous sont fiers d’être là. Jonathan est venu d’Espagne pour l’épreuve, en maillot et cuissard court, on le croit peu frileux mais il n’en est rien, il est juste heureux et honoré d’arborer son maillot souvenir de l’événement. Les photos souvenirs terminées, les chemins à emprunter ne sont que très peu aimables avec les visiteurs et ont déjà suffisamment attendu. Pavés de bonnes intentions, les coureurs s’élancent par groupes de niveau. Par petits paquets, ils partent à la conquête de la légende Paris-Roubaix. Le premier secteur a déjà raison de certains : bris de chaine, crevaison, la route s’annonce très longue. Les cris de soulagement à la sortie du premier secteur à Thun-L‘Evêque trahissent un mélange de peur et d’excitation qui restera jusqu’au bout. Heureusement, les ravitaillements permettent aux braves de ce jour un répit néanmoins éphémère. Ces courageux ne trainent guère et les secteurs pavés s’enchainent au rythme des grimaces qui viennent marquer des visages empruntés par un parcours décidemment légendaire. Pourtant, ils n’ont encore rien vu, les 30 derniers kilomètres de l’épreuve paraissent avoir été commandés par le diable en personne. Le Chemin des Prières ne suffit pas, un autre morceau de bravoure doit être avalé à Mons-en-Pévèle, interminable avec ses 3000 mètres d’une instabilité rarissime. Là, les crevaisons sont monnaie courante et deviennent légion. Un spectacle qu’apprécient les spectateurs postés sur le bas côté. Le Carrefour de l’Arbre est atteint par les meilleurs à 11h35. Symboliquement, c’est l’Australien Matthew Warner-Smith qui y passe en tête devant le désormais retraité du peloton professionnel, le français Philippe Gaumont. Les moins rapides arrivent un par un, jusqu’à 15h30 pour certains. A Baisieux où les héros d’un jour se sont donnés rendez-vous pour fêter leur exploit, on parle déjà de l’année prochaine. Au démon de l’Enfer qu’ils viennent de dompter, tous lui donnent déjà rendez-vous en 2012 ! |