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Pleins Feux sur Claude Mehaye


Sa priorité, le VELO !


Jacques Ryckewaert

Claude Mehaye est un amoureux du cyclisme depuis plus de 30 ans. Son plaisir, son temps, sa passion, il les donne aux autres sans se mettre en valeur. Un passionné du cyclisme. Il a su transmettre son virus à son fils et son petit fils. Depuis plus de 15 années Claude est entraineur au CL Barlin, des catégories( benjamins aux minimes). Un homme que nous voyons sur toutes les courses de la région, il essaye de transmettre son savoir aux jeunes du club de Barlin présidé par Bernard Duranel. Jacques Ryckwaert a rencontré Claude Mehaye et lui a posé plusieurs questions.

A quel moment de ta vie as-tu plongé dans la marmite et assouvi ta passion le vélo ?

"Je suis dans le monde sportif depuis plus de 30 ans. Tout s’est fait bêtement, lors d’un pari avec mon neveu Thierry Robillard dans les années 1980. Alors que je le suivais partout lors des diverses compétitions, je lui ai dit : si un jour tu gagnes une course (il a gagné à Busnettes) je me mets au vélo. J’ai tenu ma promesse, sortant du football à très bon niveau, je me suis orienté vers le cyclisme. Je me suis entrainé pratiquement tous les jours sans personne pour me donner conseil. Trois mois plus tard, à l’âge de 27 ans, j’ai commencé les compétitions en 3ème catégorie. Trois années ont passé et je me suis lancé dans le cyclo cross."

Te souviens-tu de ton tout premier vélo ?

"C’était un vieux vélo en acier 7 vitesses que j’ai racheté à Jean-Michel Opigez." 

Ou as-tu fait tes premières armes et quels clubs sa-tu fréquenté ?

"J’ai commencé au club de Manqueville-Lillers avec Mr Delplace de 1980 à 1981, ensuite je suis parti à Beuvry pendant 6 ans avec Christian Dhenin. Puis Harnes pendant 5 ans et terminé à Wallers-Aremberg . Le président est décédé brutalement, ce qui a provoqué la dissolution du club. En 1991, je suis parti à Barlin et continué quelques courses à coté de Bernard Duranel."

Quel est ton palmarès ?

"En route, j’ai jamais fini sur la plus haute marche du podium mais toujours fini mes courses dans le top 20. Par la suite je me suis spécialisé dans le cyclo cross où j’ai fini 2ème à Montreuil . J’ai tout appris sur le tas ! En 1983 il n’y avait pas d’entraineur. J’allais à toutes les courses, regardais comment les champions roulaient. C’est comme cela que je me suis forgé. J’ai beaucoup appris avec Cailleau Laurent, Bleuze René, Rigot Jean-Claude, Dejonckère Christian, Milos Si Serra (double champion du monde amateur) et Lebras Bruno. J’ai aussi fait les adieux de De Vaemimck Roger, Lavainne Christophe, Hernout Dominique, Painsecq Roland, Magnien Emmanuel, Jakibra, Debie Roger. J’ai aussi participé au super prestige, car dans ce temps là nous avions le droit de courir avec les élites et non élites.. En 1990, en cyclo cross j’avais été repéré par le club de Harnes présidé en ce temps là pas Mr André Mariette qui est décédé sur le podium. J’étais le premier coureur à signer sous la couleur de Harnes. Ensuite est venu Christian Leblond et les frères Quesnel qui ont renforcé le club. Ma première course, c’était à Blendecques. Je m’en rappellerai toute ma vie, une véritable galère avec toutes les bosses à gravir vu mon gabarie, j’étais plutôt un routard qu’un grimpeur, mais j’ai quand même fini cette course. Ensuite j’ai participé au tour du Pas de Calais, bien sûr je n’étais pas devant mais j’ai fini toute les étapes dans le peloton. Au contre la montre, je finis milieu de tableau à Créquy. En 1997, j’ai raccroché mon vélo pour des problèmes de santé et je me suis consacré aux jeunes."

Comment t’est venu la passion de donner ton savoir aux autres ?

"Ayant mes diplômes d’éducateur 1er et 2ème degré depuis 20 ans, je me donne le droit d’entrainer jusqu’aux Juniors, j’ai proposé au président de Barlin mes services. Dans ce bassin minier, je voulais donner un peu de savoir faire aux gamins qui n’ont pas beaucoup de possibilité. Le peu de savoir que j’avais, je l’ai donné aux jeunes du club. Je suis heureux d’apporter mon concours. Car moi j’avais du me forger tout seul sans aucun moyen. (À l’ancienne comme on le dit). Je me suis plongé dans la marmite rapidement. Je ne travaille plus pour des problèmes de santé, je me consacre à fond pour le club de Barlin et aux coureurs. J’entraine trois fois par semaine sur le site de la Fossette les cadets. Minimes et seniors tel-que Gérald Dely, Coriette, et bien d’autres avec la complicité de Maurice Lefranc un ancien cycloss-men et Ludovic Lefranc. Tous les week-ends avec mes coureurs. J’ai de la chance, mon épouse me pousse à chaque instant à cette passion (Le vélo) . J’ai même l’arrière petit fils de Joseph Rigaut, une ancienne gloire du cyclisme qui vient d’Arras aux entrainements."

Quelles disciplines privilèges-tu dans le monde du cyclisme ?

"Le cyclo cross bien sur ! Un sport extrêmement difficile. C’est un sport d’homme. Il faut une excellente condition physique, avoir un super mental, courir avec intelligence. Ma passion est l’entrainement du cyclo cross, je fais encore quelques entrainements sur route mais cela devient trop dangereux avec les gamins."

A ce jour Comment ressens- tu la mentalité des coureurs ?

"Dans les années antérieures, tout le monde était copain, on ne se prenait pas la tête, nous étions tous pareils que vous soyez de haut niveau ou jeune galibot. Je me pose énormément de questions (La jalousie, la concurrence. Certains moyens plus appropriés afin de se procurer l’élite des vélos. Le matériel vélo qui est plus évolué). Maintenant il y a trop de différence entre les uns et les autres, avec les champions on pouvait discuter. Exemple : De Vaemimck Roger, Libauton, Cailleau Laurent, Milos Si Serra. A ce jour c’est terminé ! Il n’y a plus cette chaleur humaine entre coureurs. En course dès qu’un coureur a montré le bout de son nez et gagné quelques courses, c’est fini, il n’est plus la même personne et c’est bien regrettable. Je signale quand même que dans le club de Barlin je ne connais pas la guerre entre les divers coureurs, la mentalité des autres compétiteurs est différente en course. En 1990, il y avait la course des bons et des anciens, on faisait la course dans la course avec Jean-Pierre Quéval (dit Bibiche) Maurice Lefranc. Nous étions tous copains. Attention en course ce n’était pas de la rigolade, l’esprit de gagne était dans la tête de chacun. En fin de course on buvait ensemble une bière brune dans le coffre de la voiture, personne ne se tirait dans les pattes."

Quelles sont les grandes figures dans le cyclo cross qui ont marqué ta carrière ?

"Callleau Laurent, Pantoni (Champion du monde et champion d’Italie), Roger Deblamicke, Debie Roger , Libeauton, Edek Piech, Lebras Bruno, Bleuze René( Champion de France à 40 ans), Rigot Jean-Claude,Dejonckere Christian m’ont toujours impressionné. Bien d’autres coureurs qui m’ont laissé d’énormes souvenirs. Ce fut le bon temps, nous étions tous logés à la même enseigne. Avant, je me souviens lors d’une course cyclo cross tout le monde applaudissait du premier au dernier de la course. L’ambiance y était formidable."

Pourquoi fait-on appel à toi lors des différentes préparations de cyclo cross ?

"Je pense avoir la confiance des organisateurs. Dans ma jeunesse on n’avait rien, je suis fils de mineur, mes seuls loisirs étaient de vagabonder sur les terrils, au fil du temps j’ai repéré les pièges et les difficultés de la route. Je dois avoir un sixième sens pour le traçage des circuits car je remarque rapidement les difficultés. Je suis le plus heureux des hommes lorsqu’on fait appel à mes services pour la mise en place des parcours."

Le sport est ta passion avant tout. As-tu toujours été dans le monde du vélo ?

"J’ai passé ma jeunesse dans un monde sportif. Il est regrettable que je n’ai jamais été suivi par mes parents, j’ai toujours été un bon sportif, avant de me consacrer au cyclisme, j’ai pratiqué le football à haut niveau, j’ai joué à Félix Bollaert avec Robert Sab, Hervé Flacke qui est devenu pro à Marseille. Ensuite, j’ai commencé à travailler très jeune donc j’ai dû arrêter toute activité sportive jusque 27 ans. Année où je me suis mis au vélo après dix années d’abstinence."

Comment as-tu fait pour donner à ton fils et petit fils Alexy l’amour du vélo ?

"Je pense que c’est surtout une passion qui dure depuis bien des années dans la famille. Le parrain de mon fils (pour ne pas le nommer Thierry Robillard) courait en 1er catégorie et a gagné de nombreuses courses dans sa carrière. Pour mon fils, cela s’est fait tout seul à force de venir voir son père et son parrain en course. Il a pris le désir de faire la même chose, il a pratiqué le VTT cyclo cross et route pendant dix ans. Sa situation familiale a changé et il s’est vu obliger de raccrocher son vélo, il faut savoir que mon fils est allé avec Jean-Marc Hecquet à Reims faire les championnats VTT . Il fut aussi champion UNSS cyclo cross en battant au sprint Vincent Hecquet. Pour mon petit fils Alexy, c’est encore autre chose car il a plongé dans le système dès son enfance, sa mère venait voir son mari et beau père courir avec la poussette. Il y a 15 ans, c’était le temps des cassettes vidéo à la maison j’en avait un stock. Tous les jours, mon petit fils regardait celle-ci surtout basée sur le cyclo cross. Je pense qu’au moment de pouvoir se mettre sur le vélo cela n’a causé aucun problème car il avait déjà l’amour du vélo. L’année dernière il courait sans trop d’expérience. A ce jour il commence à avoir du métier, cette année il a fini 3ème au championnat cyclo cross de Béthune ce qui promet des jours mémorables pour 2012."

Quels sont tes plus mauvais souvenirs ?

"En 1997, j’ai du arrêter la compétition lorsque j’ai fracturé mon épaule en course VTT et là j’ai été dans l’obligation de raccrocher mon vélo."

Quels sont tes meilleurs moments ?

"Une course à Ault Onival avec une situation climatique exécrable. C’était une véritable galère mais à force de courage j’ai fini cette course très éprouvante dans le peloton. J’ai suivi toutes les victoires de mon neveu Thierry Robillard pendant toute sa carrière depuis ses débuts en cadet jusqu’à la fin de sa carrière. Mon fils qui se battait avec Landas pour avoir la victoire. J’ai couru dans les Landes, j’étais le seul Nordiste, je me rappelle le jour le 10 Aout 1983 c’était le jour du premier bébé éprouvette. En 1990, j’ai organisé pendant 10 ans le cyclo cross de Fouquereuil avec mon ami Raymond Cattez à l’affiche. Il y avait de grand noms tels que Cadret John, Cailleau Laurent, Bleuze René, énormément de Belges et j’ai pu ramener dans ce petit village le champion de France David Pagniez. Mais voila par la force des choses cette compétition s’est arrêtée."

Comment as-tu ressenti la disparition de Moïse Garbe ?

"Pour toute l’équipe de Barlin , le monde cycliste, c’est un énorme trou qui s’est creusé, Je suis particulièrement triste de sa disparition car nous faisons une très bonne équipe de travail pour les jeunes du club. C’était une personne qui avait un cœur gros comme ça ! Au service des autres. Il nous manque énormément."

Le mot de la fin, Quels sont tes objectifs pour la saison 2012 ?

"J’ai un super jeune qui montre ses qualités cyclisme, Noha Englart en catégorie poussin qui est très prometteur. Avoir une bonne saison cyclisme avec tous nos petits jeunes du club. Mon seul désir, voir sur la plus haute marche du podium mes jeunes coureurs, cela serait une récompense et une fierté pour moi. Faire taire certaines personnes qui donnent une mauvaise image de moi même et qui en plus doutent de mes qualifications et connaissances dans le monde cycliste."

 

Claude Mehaye est un amoureux du cyclisme depuis plus de 30 ans. Son plaisir, son temps, sa passion, il les donne aux autres sans se mettre en valeur. Un passionné du cyclisme. Il a su transmettre son virus à son fils et son petit fils. Depuis plus de 15 années Claude est entraineur au CL Barlin, des catégories( benjamins aux minimes). Un homme que nous voyons sur toutes les courses de la région, il essaye de transmettre son savoir aux jeunes du club de Barlin présidé par Bernard Duranel. Jacques Ryckwaert a rencontré Claude Mehaye et lui a posé plusieurs questions.

A quel moment de ta vie as-tu plongé dans la marmite et assouvi ta passion le vélo ?

"Je suis dans le monde sportif depuis plus de 30 ans. Tout s’est fait bêtement, lors d’un pari avec mon neveu Thierry Robillard dans les années 1980. Alors que je le suivais partout lors des diverses compétitions, je lui ai dit : si un jour tu gagnes une course (il a gagné à Busnettes) je me mets au vélo. J’ai tenu ma promesse, sortant du football à très bon niveau, je me suis orienté vers le cyclisme. Je me suis entrainé pratiquement tous les jours sans personne pour me donner conseil. Trois mois plus tard, à l’âge de 27 ans, j’ai commencé les compétitions en 3ème catégorie. Trois années ont passé et je me suis lancé dans le cyclo cross."

Te souviens-tu de ton tout premier vélo ?

"C’était un vieux vélo en acier 7 vitesses que j’ai racheté à Jean-Michel Opigez." 

Ou as-tu fait tes premières armes et quels clubs sa-tu fréquenté ?

"J’ai commencé au club de Manqueville-Lillers avec Mr Delplace de 1980 à 1981, ensuite je suis parti à Beuvry pendant 6 ans avec Christian Dhenin. Puis Harnes pendant 5 ans et terminé à Wallers-Aremberg . Le président est décédé brutalement, ce qui a provoqué la dissolution du club. En 1991, je suis parti à Barlin et continué quelques courses à coté de Bernard Duranel."

Quel est ton palmarès ?

"En route, j’ai jamais fini sur la plus haute marche du podium mais toujours fini mes courses dans le top 20. Par la suite je me suis spécialisé dans le cyclo cross où j’ai fini 2ème à Montreuil . J’ai tout appris sur le tas ! En 1983 il n’y avait pas d’entraineur. J’allais à toutes les courses, regardais comment les champions roulaient. C’est comme cela que je me suis forgé. J’ai beaucoup appris avec Cailleau Laurent, Bleuze René, Rigot Jean-Claude, Dejonckère Christian, Milos Si Serra (double champion du monde amateur) et Lebras Bruno. J’ai aussi fait les adieux de De Vaemimck Roger, Lavainne Christophe, Hernout Dominique, Painsecq Roland, Magnien Emmanuel, Jakibra, Debie Roger. J’ai aussi participé au super prestige, car dans ce temps là nous avions le droit de courir avec les élites et non élites.. En 1990, en cyclo cross j’avais été repéré par le club de Harnes présidé en ce temps là pas Mr André Mariette qui est décédé sur le podium. J’étais le premier coureur à signer sous la couleur de Harnes. Ensuite est venu Christian Leblond et les frères Quesnel qui ont renforcé le club. Ma première course, c’était à Blendecques. Je m’en rappellerai toute ma vie, une véritable galère avec toutes les bosses à gravir vu mon gabarie, j’étais plutôt un routard qu’un grimpeur, mais j’ai quand même fini cette course. Ensuite j’ai participé au tour du Pas de Calais, bien sûr je n’étais pas devant mais j’ai fini toute les étapes dans le peloton. Au contre la montre, je finis milieu de tableau à Créquy. En 1997, j’ai raccroché mon vélo pour des problèmes de santé et je me suis consacré aux jeunes."

Comment t’est venu la passion de donner ton savoir aux autres ?

"Ayant mes diplômes d’éducateur 1er et 2ème degré depuis 20 ans, je me donne le droit d’entrainer jusqu’aux Juniors, j’ai proposé au président de Barlin mes services. Dans ce bassin minier, je voulais donner un peu de savoir faire aux gamins qui n’ont pas beaucoup de possibilité. Le peu de savoir que j’avais, je l’ai donné aux jeunes du club. Je suis heureux d’apporter mon concours. Car moi j’avais du me forger tout seul sans aucun moyen. (À l’ancienne comme on le dit). Je me suis plongé dans la marmite rapidement. Je ne travaille plus pour des problèmes de santé, je me consacre à fond pour le club de Barlin et aux coureurs. J’entraine trois fois par semaine sur le site de la Fossette les cadets. Minimes et seniors tel-que Gérald Dely, Coriette, et bien d’autres avec la complicité de Maurice Lefranc un ancien cycloss-men et Ludovic Lefranc. Tous les week-ends avec mes coureurs. J’ai de la chance, mon épouse me pousse à chaque instant à cette passion (Le vélo) . J’ai même l’arrière petit fils de Joseph Rigaut, une ancienne gloire du cyclisme qui vient d’Arras aux entrainements."

Quelles disciplines privilèges-tu dans le monde du cyclisme ?

"Le cyclo cross bien sur ! Un sport extrêmement difficile. C’est un sport d’homme. Il faut une excellente condition physique, avoir un super mental, courir avec intelligence. Ma passion est l’entrainement du cyclo cross, je fais encore quelques entrainements sur route mais cela devient trop dangereux avec les gamins."

A ce jour Comment ressens- tu la mentalité des coureurs ?

"Dans les années antérieures, tout le monde était copain, on ne se prenait pas la tête, nous étions tous pareils que vous soyez de haut niveau ou jeune galibot. Je me pose énormément de questions (La jalousie, la concurrence. Certains moyens plus appropriés afin de se procurer l’élite des vélos. Le matériel vélo qui est plus évolué). Maintenant il y a trop de différence entre les uns et les autres, avec les champions on pouvait discuter. Exemple : De Vaemimck Roger, Libauton, Cailleau Laurent, Milos Si Serra. A ce jour c’est terminé ! Il n’y a plus cette chaleur humaine entre coureurs. En course dès qu’un coureur a montré le bout de son nez et gagné quelques courses, c’est fini, il n’est plus la même personne et c’est bien regrettable. Je signale quand même que dans le club de Barlin je ne connais pas la guerre entre les divers coureurs, la mentalité des autres compétiteurs est différente en course. En 1990, il y avait la course des bons et des anciens, on faisait la course dans la course avec Jean-Pierre Quéval (dit Bibiche) Maurice Lefranc. Nous étions tous copains. Attention en course ce n’était pas de la rigolade, l’esprit de gagne était dans la tête de chacun. En fin de course on buvait ensemble une bière brune dans le coffre de la voiture, personne ne se tirait dans les pattes."

Quelles sont les grandes figures dans le cyclo cross qui ont marqué ta carrière ?

"Callleau Laurent, Pantoni (Champion du monde et champion d’Italie), Roger Deblamicke, Debie Roger , Libeauton, Edek Piech, Lebras Bruno, Bleuze René( Champion de France à 40 ans), Rigot Jean-Claude,Dejonckere Christian m’ont toujours impressionné. Bien d’autres coureurs qui m’ont laissé d’énormes souvenirs. Ce fut le bon temps, nous étions tous logés à la même enseigne. Avant, je me souviens lors d’une course cyclo cross tout le monde applaudissait du premier au dernier de la course. L’ambiance y était formidable."

Pourquoi fait-on appel à toi lors des différentes préparations de cyclo cross ?

"Je pense avoir la confiance des organisateurs. Dans ma jeunesse on n’avait rien, je suis fils de mineur, mes seuls loisirs étaient de vagabonder sur les terrils, au fil du temps j’ai repéré les pièges et les difficultés de la route. Je dois avoir un sixième sens pour le traçage des circuits car je remarque rapidement les difficultés. Je suis le plus heureux des hommes lorsqu’on fait appel à mes services pour la mise en place des parcours."

Le sport est ta passion avant tout. As-tu toujours été dans le monde du vélo ?

"J’ai passé ma jeunesse dans un monde sportif. Il est regrettable que je n’ai jamais été suivi par mes parents, j’ai toujours été un bon sportif, avant de me consacrer au cyclisme, j’ai pratiqué le football à haut niveau, j’ai joué à Félix Bollaert avec Robert Sab, Hervé Flacke qui est devenu pro à Marseille. Ensuite, j’ai commencé à travailler très jeune donc j’ai dû arrêter toute activité sportive jusque 27 ans. Année où je me suis mis au vélo après dix années d’abstinence."

Comment as-tu fait pour donner à ton fils et petit fils Alexy l’amour du vélo ?

"Je pense que c’est surtout une passion qui dure depuis bien des années dans la famille. Le parrain de mon fils (pour ne pas le nommer Thierry Robillard) courait en 1er catégorie et a gagné de nombreuses courses dans sa carrière. Pour mon fils, cela s’est fait tout seul à force de venir voir son père et son parrain en course. Il a pris le désir de faire la même chose, il a pratiqué le VTT cyclo cross et route pendant dix ans. Sa situation familiale a changé et il s’est vu obliger de raccrocher son vélo, il faut savoir que mon fils est allé avec Jean-Marc Hecquet à Reims faire les championnats VTT . Il fut aussi champion UNSS cyclo cross en battant au sprint Vincent Hecquet. Pour mon petit fils Alexy, c’est encore autre chose car il a plongé dans le système dès son enfance, sa mère venait voir son mari et beau père courir avec la poussette. Il y a 15 ans, c’était le temps des cassettes vidéo à la maison j’en avait un stock. Tous les jours, mon petit fils regardait celle-ci surtout basée sur le cyclo cross. Je pense qu’au moment de pouvoir se mettre sur le vélo cela n’a causé aucun problème car il avait déjà l’amour du vélo. L’année dernière il courait sans trop d’expérience. A ce jour il commence à avoir du métier, cette année il a fini 3ème au championnat cyclo cross de Béthune ce qui promet des jours mémorables pour 2012."

Quels sont tes plus mauvais souvenirs ?

"En 1997, j’ai du arrêter la compétition lorsque j’ai fracturé mon épaule en course VTT et là j’ai été dans l’obligation de raccrocher mon vélo."

Quels sont tes meilleurs moments ?

"Une course à Ault Onival avec une situation climatique exécrable. C’était une véritable galère mais à force de courage j’ai fini cette course très éprouvante dans le peloton. J’ai suivi toutes les victoires de mon neveu Thierry Robillard pendant toute sa carrière depuis ses débuts en cadet jusqu’à la fin de sa carrière. Mon fils qui se battait avec Landas pour avoir la victoire. J’ai couru dans les Landes, j’étais le seul Nordiste, je me rappelle le jour le 10 Aout 1983 c’était le jour du premier bébé éprouvette. En 1990, j’ai organisé pendant 10 ans le cyclo cross de Fouquereuil avec mon ami Raymond Cattez à l’affiche. Il y avait de grand noms tels que Cadret John, Cailleau Laurent, Bleuze René, énormément de Belges et j’ai pu ramener dans ce petit village le champion de France David Pagniez. Mais voila par la force des choses cette compétition s’est arrêtée."

Comment as-tu ressenti la disparition de Moïse Garbe ?

"Pour toute l’équipe de Barlin , le monde cycliste, c’est un énorme trou qui s’est creusé, Je suis particulièrement triste de sa disparition car nous faisons une très bonne équipe de travail pour les jeunes du club. C’était une personne qui avait un cœur gros comme ça ! Au service des autres. Il nous manque énormément."

Le mot de la fin, Quels sont tes objectifs pour la saison 2012 ?

"J’ai un super jeune qui montre ses qualités cyclisme, Noha Englart en catégorie poussin qui est très prometteur. Avoir une bonne saison cyclisme avec tous nos petits jeunes du club. Mon seul désir, voir sur la plus haute marche du podium mes jeunes coureurs, cela serait une récompense et une fierté pour moi. Faire taire certaines personnes qui donnent une mauvaise image de moi même et qui en plus doutent de mes qualifications et connaissances dans le monde cycliste."

 


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